La Confrérie des battus.
Un mois s'était écoulé depuis que le vieux Walter avait partagé son secret. Lui et John n'avaient pas eu l'occasion de se revoir, ni même de se parler. Quelques jours avant ce samedi 20 octobre, comme prévu, les chevaux s'étaient réunis dans la pénombre pour un ultime échange. John ne rejoignit jamais le vieux Walter sur le toit de l'hippodrome d'Ascot. Mais le vieux fou, malgré la tempête, était resté là, tapis dans l'ombre, allongé dans la pelouse, les mains, les genoux dans l'eau, le visage ruisselant.
Walter avait écouté les chevaux.
Et Walter souriait.
Aujourd'hui, samedi 20 octobre, John devait couvrir l'évènement à Ascot. Tôt le matin, il débarqua au bureau de presse, se débarrassa de son imper dégoulinant et froid et se mit au travail. Il était impatient et excité par la journée qui s'annonçait, par la course du siècle qui s’apprêtait, et il pensait au vieux Walter. Il n'avait pas pu le rejoindre. Il aurait pu, mais les jours passants, il avait douté. Douté de Walter, douté de leur secret.
Parmi les notes de ses collègues, il saisit une lettre chiffonnée. Il l'ouvrit. Griffonnés, ces quelques mots
" Il semble bien qu'exceptionnellement les cirrus présents dans le ciel lâcheront leurs eaux...
Walter "