La nouvelle vient de tomber, DUNADEN ne reviendra pas au devant de la place publique, blessé un matin tandis qu'il se préparait à sa sixième saison de compétition. L'icône n'a pas été revue depuis sa neuvième place derrière les solides GENTILDONNA et CIRRUS DES AIGLES dans la Dubaï Sheema Classic, et ne nous a plus offert la joie d'une victoire depuis sa Caulfield Cup en 2012. Mais peu importe. Il avait la santé, l'envie et la hargne. En témoignent sa médaille de bronze derrière l'exceptionnelle THE FUGUE dans le Hong Kong Vase, et ses multiples places à travers l'Europe il y a seulement un an. DUNADEN entre au haras pour le compte de son propriétaire qatarien le Cheikh Fahad Al Thani. Une issue si belle pour ce poulain acheté pour une bouchée de pain.
DUNADEN est né le 26 février 2006 au Haras de Maulepaire situé dans la Sarthe. Fils de l'étalon NICOBAR lauréat de groupes 2 en Angleterre et en Italie, peu fertile et occulté, et de la poulinière LA MARLIA, le poulain faisait son entrée sur Terre entouré de bagages légers et peu prometteurs. Il était l'un des derniers produits de l'élevage du Comte Edouard Decazes, qui avait fondé une lignée à priori peu flatteuse, mais au grand mérite d'être authentique. Des décennies auparavant, le Comte, assouvissant ce rêve de voir naître un produit de SICAMBRE, avait acquis la jument TÊTE SAGE pleine de celui-ci. Il en découlera des chevaux solides, attachants, mais malheureusement incapables de s'illustrer en compétition. Leur fille SI SAGE avait pourtant merveilleusement dédicacé l'histoire naissante en remportant le Prix de Malleret 1966 et en se plaçant quatrième d'un Prix Vermeille. Sa pouliche BAYLEAF eut à son tour d'honnêtes poulains, adeptes de la victoire. Puis MAPLE SUGAR, descendante directe, engendra NORTHERN SPY, placé de groupes à travers le globe, et SUGARBERRY, troisième mère de notre ami DUNADEN et seconde du magnifique sauteur BERRYVILLE. SUGARBERRY avait découvert la maternité aux cotés de sa princesse LA ROTUNDA, aussi inefficace en piste qu'au Haras, ne fournissant aucun gagnant. Le Comte Decazes décida de la conserver cependant, tandis que son cheptel se dispersait à travers les vents. LA ROTUNDA offrit ses courbes à l'ancienne gloire KALDOUNEVEES, lui offrant la pouliche LA MARLIA, inédite en compétition et poulinière sans ambition, jusqu'à ce jour de février 2006 où arriva le miracle DUNADEN.
De petite taille mais à la santé solide, DUNADEN fut présenté aux ventes de décembre à Deauville, à la fin de son année de naissance. Encore foal, il avait un pédigrée et une carrure sans promesse. Il fut adjugé pour 1500 euros, ne devenant qu'un nom médiocre au plus bas du tableau. Le poulain bai traversa la frontière et découvrit son métier aux côtés de l'allemande Mme Doris Smith, qui lui fit porter les couleurs de Mme Jetty Van Der Hulst à six reprises, tantôt à Strasbourg, tantôt à Dortmund. DUNADEN se plaça à quelques reprises et parvint à remporter une course sur l'hippodrome alsacien. Un réclamer de deux longueurs sous la selle de Ronan Thomas. Pour 17 000 euros, le poulain changea d'air, et de mains. Il découvrit les établissements de M. Yannick Fouin, et la casaque d'Alban de Mieulle, illustre metteur en scène des chevaux qatariens. Ces hommes furent les premiers témoins de sa prodigieuse ascension.
DUNADEN se fit un nom dans les Handicaps, supportant avec aisance les lourdes charges imposées. Il fut gagnant à Angers, compétitif lors du meeting de Cagnes sur Mer, et se tenta même au niveau Listed lors d'une étape du Défi du Galop. Dur, efficace, le poulain collectionnait les secondes places, attirant l’œil du qatarien le Cheikh Fahad Al Thani, précurseur d'une famille qui s'étendra bientôt sur la planète hippique toute entière.
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