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And They're Off !!

And They're Off !!

chroniques sur les courses hippiques de tous temps.


Morandi.

Publié par And They're Off sur 13 Novembre 2012, 02:45am

Morandi.

Morandi.

Elle débutait brillamment avec l'envolée de Homecoming Queen dans les 1000 guinées et s'achevait avec le meilleur de la nouvelle génération, Morandi, l'année 2012 fut des plus bénéfiques pour le tout jeune étalon Holy Roman Emperor.

Morandi, sculptural pur-sang de deux ans, a, sans conteste, prit le pouvoir de la promotion 2010 samedi dernier.
En effet, le joli poulain a remporté son premier groupe 1 en le Critérium de Saint-Cloud, avec aisance et avec rage. Impressionnant, Morandi l'est depuis ses débuts.
Il est musclé, batti comme un trois ans, voir d'avantage. Il a le mental. Il est mature, dur et combattif. Il est concentré, imperturbable. C'est un boxeur. Il écrase ses concurrents avec insolence et détermination. Et il y prend plaisir. Morandi est pour moi LA révélation de l'année 2012.
Incroyablement viril et sûr de lui, facile dans un parcours, obéissant envers ses jockeys, il apprend vite et progresse d'autant plus. Morandi, c'est un coup de foudre. Un cheval qui me plait et pour qui je souhaite une future carrière mémorable. Car avec Morandi, le plus cool, c'est que ce n'est que le début !

Morandi me transporte. Il est qualiteux en tout point. Il ne se soucie pas du terrain, de la corde, de l'hippodrome, du jockey et de la distance. Il donne toujours le meilleur, et ce sans forcer, passant le poteau avec les oreilles redressées.
Le 15 juin à Toulouse, pour sa première sortie, Morandi sort de sa stalle le dernier. Souple, énergique, il s'élance à la poursuite de ses concurrents qui s'en étaient détachés. Recollant facilement, il se poste en queue de peloton à la corde, puis se décale en deuxième épaisseur, prêt à lancer son attaque. Entrée de ligne droite, le poulain se cadence en une foulée et progresse seul en pleine piste, droit, appliqué, tenace. Il termine deuxième de Complimentor qui fournissait un drôle de numéro en se laissant mourir sous les attaques pour, en un coup de cravache sur la croupe, ressurgir de parmi les morts en quelques foulées fabuleuses.
Le 19 juillet, Morandi courait à la Teste. Il bondit littéralement de sa stalle, manquant de désarçonner son cavalier qui ne semblait pas s'y attendre. S'en suivit un parcours quelque peu chaotique, non pas pour lui qui resta droit et appliqué jusqu'au poteau, mais pour ses concurrents qui manifestaient gaiement leur jeune âge, changeant de ligne à tout va, provoquant quelques bousculades sans conséquences, tirant sur le mors...
Morandi les ignore. Il se décale et remporte la course détaché de tous.
Le 21 août, il prend part à sa première course labellisée Listed à Deauville. Entraîné par son jockey en direction du peloton en pleine piste, il est coulant, posé sur la main. Il donne tout ce qu'il peut dans la ligne droite mais ne peut remonter Meneas qui conservait alors une précieuse avance.
Le 12 septembre, il découvre Longchamp et l'adopte aussitôt. Avec Christophe Soumillon sur le dos, il court offensif. Il part dans son action et ne se reprend pas, prenant la tête et donnant le tempo. Il rallie le poteau manifestement satisfait.
Le 21 octobre, il remporte son premier groupe 3, le Prix de Condé, avec plus de dix longueurs d'avance. Comme précédemment, le poulain garde son rythme et s'approche de la tête, sans prendre les commandes toutefois. L'arrivée en vue, il prend les devants facilement puis accélère dans l'herbe vaseuse, luttant contre le terrain avec force, s'arrachant à ses poursuivants.

Enfin, le 10 novembre dernier, Morandi court son premier groupe 1, le Critérium de Saint-Cloud. Tout aurait pu se jouer avant même le départ, lorsque le jockey voisin relâchait un voile noir sur les postérieurs du poulain gris. Morandi tressaillit, surpris, et l'instant suivant, s'élançait en dehors de sa stalle, l'incident oublié. Très vite au départ, le poulain prend le dos du fuyard et le colle sans faiblir. À la sortie du dernier tournant, naturellement, il se retrouve en tête et fonce jusqu'au poteau, maintenant son allure insoutenable sous les coups presque dispensables de son jeune et enjoué jockey Maxime Guyon.

Morandi a quelque chose de remarquable. Il est présent, vivant, avec une réelle personnalité. Dans un parcours, on ne voit que lui car il ne dort jamais, toujours aux aguets, prêt à répondre au quart de tour. La tête relevée, l’œil vif.
Lorsqu'il court devant, il écrase ses concurrents. Lorsqu'il court caché, il a besoin d'espace pour un équilibre sûr de sa grande masse, et il n'a pas toujours l'accélération ou le temps nécessaire pour s'imposer.

Morandi, s'il progresse encore et s'il garde cette force et cette détermination face à l'adversité, se savourera assurément en 2013. Un vrai bonbon.

Photo APRH.

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