Baron de Veauce.
J'ai en ma possession l'ouvrage "De l'élevage du cheval, des courses et de l'amélioration des races chevalines en France" rédigé par le baron de Veauce et daté de 1848.
Le baron de Veauce, ou Charles Eugène de Cadier de son vrai nom, fut,
à l'apogée de sa carrière politique, sénateur de l'Allier, mais il contribua aussi énormément à l'élevage du pur-sang.
De son écriture, on ressent de lui un homme visionnaire, passionné et intelligent.
Il avait un point de vue, des problèmes et des solutions sur chaque points primordiaux de l'élevage du pur-sang.
En effet, selon le baron il fallait nécessairement se hâter à l'ouverture des courses publiques, que la compétition puisse révéler d'elle-même ces chevaux supérieurs qui amélioreraient la race pur-sang.
Il fallait s'inspirer du modèle anglais qui avait une avance considérable, près d'un siècle et demi, sur l'élevage français.
Les poulinières devaient avoir des titres, elles qui pouvaient déjà en 1848 détenir le précieux prix de Diane. Elles devaient être fortes, grandes, bien portantes, pas grasses pour pouvoir développer des poulains taillés pour la course. Il était d'autant plus persuadé de l'importance génétique de la femelle qu'à celle du mâle et apportait une importance toute particulière à l'alimentation du poulain pur-sang tout au long de sa vie. Selon sa croissance, son âge, son activité.
Il conseillait les éleveurs sur les terres propices à l'élevage, sur la qualité des sols et de l'entretien de la litière.
Il vantait les mérites des Haras qui apportaient aux petits éleveurs des étalons plus que convenables à moindre coût. Il s'indignait d'autant plus que le nombre de bons pur-sangs augmentaient sensiblement grâce à ces établissements, que pourtant les autorités désiraient fermer.
Il tissait un portrait admiratif des courses, convaincu de la nécessité de leur expansion, pour l'amélioration de la race pur-sang mais aussi pour toutes les autres races chevalines qui par la compétition et la sélection deviendraient de meilleurs chevaux de guerre ou de vie domestique.
Lui et ses confrères avaient déjà conscience à l'époque de l'importance du poids attribué à chaque cheval pendant une course, quatre livres correspondants à une longueur sur le poteau d'arrivée.
Aussi, l'handicape porté par le cheval dépend de différents critères ; la qualité prouvée du cheval, son âge, s'il est de race pur-sang ou issu d'un croisement plus ou moins important avec du sang arabe, barbe ou persan.
C'est par l'observation des ces courses à handicape qu'ils purent désigner unanimement le pur-sang comme le cheval le plus complet.
Ils privilégiaient pour leur sélection les chevaux entiers qui, en course, savaient écraser l'opposition à plusieurs reprises et ce sur de longues distances.
Le baron de Veauce avait donc saisi l'importance de l'élevage minutieux du pur-sang anglais et ce fut à partir de ces années-ci que les courses hippiques en France purent s'améliorer et devenir ce qu'elles sont aujourd'hui. C'est quand on regarde cette puissance musculature, cette beauté innée chez le pur-sang actuel, cet instincts de domination préservé que l'on saisit l'importance des hommes du passé tels que le baron de Veauce. Tout cela résulte des efforts acharnés de quelques hommes convaincus. Merci à eux.
Parce que nous avons malgré tout énormément évolué en cent cinquante ans dans tous les domaines et principalement dans la recherche, nous avons aujourd'hui l'appui de la génétique sur notre élevage. Nous étudions les caractères héréditaires et aspirons à leur maîtrise. Au XIXème siècle, le baron était persuadé, preuve à l'appui qu'un poulain né gris pommelé de parents bais ( par exemple ) résultait d'une saillit antérieure de la jument avec un étalon gris pommelé.
Cela nous paraitrait bien absurde aujourd'hui, l'évolution nous permettant de comprendre la génétique.