Valyra.
Après Shergar, je ne pensais pas devoir écrire une tragédie aussi vite. Ça fout les boules. Alors qu'elle avait réalisé un travail magnifique hier sur la piste deauvillaise, sa détente sur la plage ce matin signa la fin de sa vie. Valyra n'a pas pu être sauvée.
Valyra était l'espoir de cette année 2012. Elle avait tout pour devenir une grande. Elle avait tout pour remporter l'Arc. Valyra a été dans le prix de Diane une révélation. Elle y avait fournit un coup de rein magnifique, progressif, tout en puissance. Le même que lors de ses deux courses précédentes, mais cette fois-ci en devançant Beauty Parlour. Elle n'était pas favorite, elle n'avait aucune expérience dans les groupes, mais elle avait déjà tellement montrée ! Beauty Parlour était une classique, elle. Logiquement, c'est elle qu'on admirait.
Valyra était une imposante pouliche baie. Montée tel un ressort, compacte, lourde, musclée. Belle. Elle était jeune, mais elle avait déjà le physique d'une athlète. Sur la piste, Valyra était généreuse. Elle patientait loin derrière, somnolente. Lorsqu'elle enclenchait, ses foulées rasaient la pelouse.
Au moment même où son regard rencontra celui de la belle bleue, Valyra releva la tête et gonfla le poitrail : le rôle de premier dame de France l'avait séduite, elle s'affirmait en tant que femme.
Le 17 juin dernier, j'assistais à mon tout premier prix de Diane. Je devais être avec elle, début octobre à Longchamp, pour l'encourager dans l'Arc.
Tu es ma reine. Adieu Valyra.