« Une quinzaine de canassons, lancés pleine vitesse, sortent d'une machine métallique aux allures de portes de saloon, tournent une fois, tournent deux fois, puis s'étalent sur la pelouse sous les tortueux coups de cravache assénés par de petits bonhommes en couleurs qui s'agitent jusqu'au poteau d'arrivée. » La caricature est forte, et pourtant, qu'est-ce que j'entends ! Il est loin, le temps où le Grand Prix attirait les foules. Il n'y a plus de Longchamp à la pelouse étouffée. Il n'y a plus de cris, il n'y a plus de joie, il n'y a plus d’événements. Imaginez, les hommes, les femmes, couverts de foulards et de coiffes aux nuances bleues et rouges, se pressant par centaines de milliers pour apercevoir la légende Gladiateur pour sa première participation à Paris. Ils n'avaient que leurs yeux pour admirer, et leurs souvenirs pour raconter. Chaque jour, la plupart des journaux annonçaient les partants du lendemain. Chaque lundi, lors de la belle saison, ils consacraient des lignes enflammées aux exploits des champions, la plume soutenue par de grands journalistes bercés par les mots et la souplesse des galops. Aux États-Unis, le pays meurtri reprenait des forces à travers le miracle Seabiscuit, et le peuple, accompagnant le phénix par de lourds battements de cœur, découvrait que tout était possible. En Australie, il y a eu Phar Lap, sa mort tragique réveillant bien des larmes. La Melbourne Cup est un précieux témoin de cette époque, et la preuve que tout n'est pas perdu. En France... on a oublié Ksar. On a oublié bien des grands ! La référence demeure Sea Bird, et, timidement, prend un nouveau nom en Trêve... pour quelques milliers de passionnés. Car aujourd'hui, si l'on faisait un sondage, les conclusions seraient tellement tristes. « Le cheval de course a les veines bouchées par les stéroïdes. Ils sont exploités jusqu'à épuisement, puis disparaissent sous la lame de couteaux tranchants. » A tous, Ô néophytes, je vais vous conter le pur-sang. J'en ai marre, il était temps !
... la suite est aux pages 40 et 41 du nouveau HippiK ! Bonne lecture !
Libre pour toujours
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