Ce soir, c'est le grand soir, pour California Chrome. On y est, déjà. On y est, enfin. Pour le meilleur ou pour le pire. Le poulain s'avance vers ce qui sera l'engagement de toute une vie. Pour une couronne éternelle, ou pour d'incoercibles flots de larmes.
L'alezan chromé est fin prêt, il a sorti les armes.
J'avais prévu pour cette chronique d'étudier les défaites, et d'en tirer des conclusions. Je voulais maîtriser l'instant, me rassurer sur l'exploit, mais au final que d'inquiétudes sur le papier ! Je vous laisse juger.
1932 Burgoo King
L'histoire des triples couronnes inachevées débute en 1932 avec Burgoo King, lauréat des deux premières épreuves. Il remporte le Derby de cinq longueurs, puis les Preakness Stakes face à Tick On, précédemment chaud favori. La photo est serrée : une tête les sépare. Derrière eux, Boatswain, qui avait donné le rythme de la compétition, échoue d'un souffle. Burgoo King se voit forcé d'abandonner ses rêves, les ligaments sont touchés avant l'ultime épreuve. Son cavalier, Eugene James, 19 ans seulement, se révèle. Mais tragiquement se noiera l'année suivante dans le lac Michigan.
Faireno, qui avait fait l'impasse sur les deux premières épreuves, remporte les Belmont Stakes. Cet élève du légendaire Jim Fitzsimmons confirmera son aptitude pour les longues galopades en remportant par la suite les Dwyer Stakes et les Lawrence Realization Stakes où il se blessera à son tour.
Le poulain sera élu cheval de l'année, titre qu'il partagera avec Burgoo King qui ne retrouvera jamais son niveau.
1936 Bold Venture
En 1936, c'est au tour de Bold Venture de faire la passe de deux. Poussé par Brevity dans la ligne droite, le poulain remporte le Kentucky Derby sous la selle de l'apprenti Ira Hanford. George Woolf, l'homme de glace, l'y déloge dans les Preakness Stakes, où il mène Bold Venture à la victoire, d'un nez seulement, face à Granville. La lutte est sévère, leur plus proche poursuivant est à huit longueurs.
Blessé lui aussi, le poulain ne prendra pas part aux Belmont Stakes. Il disparaît même de la compétition. Granville s'octroie un sacre mérité, lui qui perdait le Kentucky Derby au départ, enfonçant soudainement son nez dans la piste, et par la force des choses, les fesses de son jockey. Il devance Mr. Bones dans la course marathon et confirme, lui aussi, ses qualités de stayer dans les Lawrence Realization Stakes, et dans la Saratoga Cup où il écrase l'illustre Discovery, cheval de l'année 1935 devant Omaha, pourtant lauréat de la triple couronne.
Granville est élu à son tour cheval de l'année, ainsi que meilleur poulain de trois ans.
1944 Pensive
En 1944, Pensive devient le tout premier cheval à échouer sur la piste, dans la quête de la triple couronne. Imparable dans le Derby, le cheval n'est pourtant pas pris au sérieux dans la seconde compétition. De ses larges foulées, il écrase les mauvaises langues et s'adjuge la course tout aussi facilement.
Au départ des Belmont Stakes, Pensive ne peut devancer Bounding Home, qui ne cesse de le contrer, franchissant le poteau sacré les épaules devant. Le vainqueur avait fait l'impasse sur les grandes compétitions, se faisant les jambes à cinq reprises dans de maigres lots, finissant fort ses courses à plusieurs reprises. Lui aussi confirme sa tenue, en se plaçant second de la Saratoga Cup et des Lawrence Realization Stakes, véritable course référence, derrière le trois ans de l'année By Jimminy dans une course duel.
1958 Tim Tam
En 1958, Tim Tam prend le départ du Kentucky Derby auréolé de nombreux grands prix, dont le Florida Derby. Dans la course, le poulain fait les extérieurs et s'impose d'une longueur. Il y bat l'icône Silky Sullivan, auteur de remontées mythiques et héros de la nation. Plus facilement encore, Tim Tam remporte les Preakness de deux longueurs et s'annonce chaud favori des Belmont Stakes.
Intervient Cavan, cheval irlandais, frère aîné du futur lauréat du St. Leger, Indiana.
Acheté pour ses facultés naturelles à couvrir les longues distances, un manque cruel dans l'élevage américain, dans le but de ces Belmont, le poulain s'y impose de presque six longueurs, face au malheureux Tim Tam, lauréat évident à la sortie du tournant, qui se fracture un os sésamoïde et conserve malgré cela le premier accessit, se retirant de la compétition pour toujours.
Deux années plus tard, Tom Barry et Joseph O'Connell, les propriétaires de Cavan l'irlandais, dénicheront aux ventes son compatriote Celtic Ash, qui rééditera l'exploit.
1961 Carry Back
En 1961, Carry Back le finisseur remonte Crozier dans le Derby, puis Globemaster dans les Preakness, alors que celui-ci semblait avoir nettement l'avantage. Les Belmont Stakes se courent alors à faible allure. Le poulain est incapable de refaire son retard, terminant septième d'un maigre peloton. Quinze longueurs devant lui, Sherluck l'outsider, qui n'avait pu prendre que la cinquième place des deux épreuves précédentes, remporte la course, son plus proche poursuivant Globemaster à deux longueurs, le peloton loin derrière.
Bientôt, Carry Back se révèlera blessé à l'antérieur gauche. Le lauréat, Sherluck, confirmera sa tenue en octobre dans les Lawrence Realization Stakes, battant de nouveau Carry Back qui sera troisième.
Cette année-là, quelques semaines à peine avant l'échéance, Carry Back est envoyé à Paris pour le Prix de l'Arc de Triomphe.
Supportant un transport difficile, et une préparation rapide et incommodante, découvrant le gazon et le tracé de l'hippodrome étranger, il est monté par Scobie Breasley, jockey australien officiant à Londres.
Placé en dehors des autres pour éviter tous remous, le poulain ne sera jamais dangereux. Il terminera dixième de l'outsider Soltikoff.
Son propriétaire, mécontent du résultat, propose une revanche, incluant les cinq premiers de la course, avec un prix de 25 000 dollars. L'entourage de la pouliche Monade accepte, mais il est le seul. La revanche ne se fera pas.
1964 Northern Dancer
En 1964, Northern Dancer, le fabuleux, entre en piste. Le canadien s'annonce dans la ligne droite du Kentucky Derby et s'assure la victoire, vainement poursuivit par Hill Rise et The Scoundrel. Dans les Preakness, il se détache tout autant, les places entre Hill Rise et The Scoundrel s’inversent.
Dans les Belmont Stakes, courus exceptionnellement sur l'hippodrome d'Aqueduct, Northern Dancer tourne en troisième épaisseur mais ne parvient pas, cette fois-ci, à prendre la tête. Équilibré, il ne peut résister à Quadrangle qui démarre avant lui. Roman Brother, le troisième cheval à avoir tourné avec eux, s'assure la deuxième place.
Quadrangle, vainqueur du jour, avait terminé cinquième puis quatrième des deux premières épreuves. Il remporta ensuite les Lawrence Realization Stakes et se placera même troisième derrière le grand Kelso et Roman Brother de la Jockey Club Gold Cup, a l'époque encore sur 3200m, dans un temps record.
1966 Kauai King
En 1966, Kauai King s'assure la victoire d'une longueur dans le Derby face à une arrivée incongrue, tous ses poursuivants, en paquet derrière lui, ainsi que lui-même, portant des œillères. Dans les Preakness Stakes, le cheval rallie le poteau sans être attaqué, Amberoid étant assez lointain troisième. Son challenger prendra sa revanche dans les Belmont, le reléguant à la 4ème place. Amberoid avait terminé septième du Kentucky Derby.
1968 Forward Pass
Année particulière que celle de 1968. Dancer's Image remporte le Kentucky Derby mais se voit obligé d'adresser par la suite son titre glorieux à son dauphin Forward Pass, des traces de Phenylbutazone ayant été retrouvés dans ses urines. Forward Pass, auréolé d'un titre sur papier, remporte à son tour les Preakness Stakes et se lance à l'assaut de la première triple couronne sur tapis vert. ( ou tapis gris pour être plus exact ! )
Forward Pass ne peut faire mieux que second de Stage Door Johnny dans les Belmont Stakes, évitant à l'Amérique bien des discussions.
Dancer's Image, dont la disqualification remua bien des chaumières, la substance étant autorisée partout ailleurs, retrouvera son titre par la suite, devenant co-lauréat du Kentucky Derby.
Stage Door Johnny n'avait pas couru les deux premières épreuves. Il avait été élevé pour réussir sur les longues distances notamment issu par l'intermédiaire de son père, du grand Princequillo qui fut imparable dans la Jockey Club Gold Cup de 3200m.
Dancer's Image termina troisième des Preakness Stakes, mais sera rétrogradé à la huitième place pour avoir bousculé Martin Jig. Il ne courra plus, ses jambes le faisant trop souffrir.
1969 Majestic Prince
En 1969, le peloton est maigre : Huit chevaux seulement dans le Derby.
Majestic Prince, invaincu jusqu'alors, s'élance favori de la course. Dans la ligne droite, il devra se mesurer à Arts and Letters, qui, tenace, ne lui autorisera que la supériorité d'un nez.
Dans les Preakness, Arts and Letters change de tactique et décide de poursuivre Majestic Prince dans la ligne droite. Il échoue cette fois-ci d'une tête, et accorde à Majestic Prince sa 9ème victoire consécutive.
Le lendemain matin, Majestic Prince a un problème tendineux. La pression des rêveurs de triple couronne fait son effet, et le cheval reste parmi les partants de la dernière course.
Le cheval est attendu au tournant, et la défaite n'est pas envisageable. Aucun cheval avant lui ne s'était élancé dans les Belmont invaincu.
Arts and Letters savoure sa revanche, lui administrant un coup fatal de 5,5 longueurs.
Il remporta ensuite, au cours de l'année, la fameuse Jockey Club Gold Cup, s'imposant comme un véritable stayer.
Majestic Prince ne courra plus, sa blessure devenant alors bien réelle, malgré quelques tentatives où il ne put jamais se remettre totalement sur pied. Étalon, il procréera Coastal, qui, nous le verrons, vengera son père.
1971 Canonero II
1971 sera l'année du héros Canonero II, de nationalité Vénézuélienne, qui est loin d'être pris au sérieux lors de son engagement dans le Kentucky Derby.
Seulement voilà, le cheval fait sensation. Quittant les méandres d'un peloton fourni, il se détache pour passer le poteau avec une supériorité de presque quatre longueurs.
Coup de chance ? Le cheval n'est toujours pas considéré lors de son départ dans les Preakness Stakes, mais le peuple latin est présent, et en fait déjà son icône.
Le cheval remporte la course, de nouveau, dans un mano à mano avec Eastern Fleet, et ce dès les premiers cents mètres.
S'annoncent les Belmont Stakes, et la gloire d'un pays, à porté de sabot.
Canonero II a subit une infection à un pied à quelques jours de la course. Diminué, fatigué, il ne parvient qu'à accrocher une quatrième place, Pass Catcher devenant lauréat des Belmont.
Pass Catcher s'était fracturé un membre lors de sa saison à deux ans, l'écartant des pistes jusqu'alors. Remis sur jambe dans une faible course seulement cinq jours avant l'échéance, il la remporte malgré tout, réalisant un formidable exploit.
1979 Spectacular Bird
Facile lauréat du Derby, Spectacular Bid le sera d'autant plus des Preakness Stakes 1979, qu'il remporta seul dès la mi-tournant final.
Dans les Belmont Stakes, son jockey de 19 ans, Ronnie Frankin, le monte trop offensif. Le cheval ne supporte pas l'effort demandé et termine troisième de Coastal, fils de Majestic Prince, qu'il venge de son triptyque inachevé.
Coastal venait de remporter avec impression les Peter Pan Stakes de douze longueurs, imposant une supplémentation dans les Belmont Stakes qui n'étaient pas prévus au programme.
Coastal se placera ensuite troisième derrière Affirmed et Spectacular Bid de la Jockey Club Gold Cup nouvelle version, ne dépassant pas les 2400m.
1981 Pleasant Colony
Dans le Kentucky Derby, Pleasant Colony prend le large pleine piste, Woodchopper le rejoint à la croupe au poteau.
Dans la course suivante, le cheval lutte sur une grande partie de la ligne droite avec Bold Ego, qu'il laisse sur place dans les derniers mètres.
Dans les Belmont, Summing, qui a mené la course, prend quelques longueurs dans le tournant sur un peloton qui se voit dominé par Pleasant Colony et Highland Blade à la cravache. Monté au bras, Summing continue sur sa lancée, résistant au retour de Highland Blade qui, à force de courage, lui touche les flancs. Pleasant Colony a suivit son mouvement, et termine dans le sillage du gagnant.
Summing, le lauréat, souffrait d'une infection du sang qui lui permit de se mettre correctement en jambe seulement deux semaines avant les Belmont Stakes, dans le Pennsylvania Derby, groupe 3 à l'époque.
1987 Alysheba
Dans le Kentucky Derby, Bet Twice n'attend personne et prend la tête dès la sortie du tournant. Alysheba, dans son sillage, culbute sur son postérieur et manque de chuter. Resté sur pied, et ne perdant pas son action, il continue à le suivre, est gêné dans un premier temps puis se décalant à son extérieur, parvient à le crucifier d'une longueur dans les derniers mètres.
Dans les Preakness, les deux chevaux s'annoncent ensemble dans la ligne droite. Aussi dynamiques l'un que l'autre, Alysheba parvient de nouveau à le devancer par l'extérieur.
A l'amorce du tournant des Belmont Stakes, Bet Twice prend la tête et n'attend personne. Il gagne la course seul de quatorze longueurs. Alysheba, en retard, est quatrième dans un paquet de trois chevaux, Cryptoclearance et Gulch le devançant de peu, eux qui avaient fini dans le même ordre dans les Preakness Stakes.
1989 Sunday Silence
Lancé dès la sortie du tournant, Sunday Silence file au poteau, soutenu par son jockey qui tente à plusieurs reprises de le maintenir droit. Derrière, Easy Goer, qui n'a pu se lancer au même instant que lui, prend du temps pour trouver son action. Il finit le plus fort sur la concurrence, encore nombreuse dans les cinq longueurs qui les séparent du lauréat. A l'arrivée, Sunday Silence semble mené une bataille en forme de vol d'oiseau.
Dans les Preakness Stakes, Easy Goer essai de prendre les devant en quittant le calme du peloton pour s'attaquer à la tête avant même que le tournant n'arrive. Sunday Silence le rejoint à la sortie du tournant et, cadencés à l'identique, ils se lancent dans une bataille qui ne s'achèvera qu'une fois le poteau franchi. Sunday Silence le devance d'un nez seulement.
Dans les Belmont Stakes, Sunday se lance tôt dans la bataille, voulant être à tout prix dans le coup. Easy Goer, qui le suit, le contourne et le crucifie. Sunday Silence n'a pas une grande action mais parvient à conserver la seconde place. Easy Goer gagne de très loin.
Easy Goer confirmera dans l'année sa tenue en remportant la Jockey Club Gold Cup sur la même distance.
1997 Silver Charm
Dans le Derby, Silver Charm gagne de peu. Il résiste à la remontée de Captain Bodgit qu'il gêne quelque peu dans sa progression.
Dans les Preakness, Silver Charm gagne à la lutte avec Free House, Captain Bogdit finissant avec eux, après une belle remontée à l'extérieur.
Dans les Belmont, le cheval prend la mesure sur le gris Free House et semble parti pour la gloire. Seulement, Touch Gold, quatrième des Preakness à une longueur des trois chevaux de front, le crucifie au terme d'une belle remontée lui qui n'avait pas été engagé dans le Derby.
1998 Real Quiet
Dans le Kentucky Derby 1998, Real Quiet résiste de peu au retour de Victory Gallop, qu'il devance plus aisément dans les Preakness Stakes.
Sur les 2400m des Belmont Stakes, Real Quiet est vite offensif, prêt à porter son estocade derrière les trois leaders de front. Seul dans la ligne droite, il semble inapprochable. C'était sans compter sur le retour de Victory Gallop, lancé pleine piste, qui le remonte à grandes foulées, le battant sur le poteau, d'un nez seulement.
1999 Charismatic
Charismatic s'impose de peu dans le Derby, une tête seulement face à Menifee qu'il devance à nouveau, et un peu plus facilement dans les Preakness Stakes.
Dans les Belmont Stakes, Charismatic doit laisser passer Lemon Drop Kid qui finissait plus fort que lui, et termine troisième, sans être battu platement. Aussitôt le poteau franchi, son jockey Chris Antley saute de cheval et soulève son antérieur gauche, fracturé à deux endroits. Il lui évite, grâce à sa précipitation, un sort dramatique.
Issu de Kingmambo, Lemon Drop Kid avait fait l'impasse sur les deux premières épreuves.
2002 War Emblem
War Emblem remporte le Kentucky Derby facilement, puis les Preakness Stakes sous la cravache, en résistant d'une longueur à Magic Weisner et au brillant retour de Proud Citizen. Pour les Belmont Stakes, le record d'affluence est battu : plus de 103 000 spectacteurs.
Sarava débuta sa carrière en Angleterre où il ne parvint jamais à s'y montrer sérieux. Revenu dans son pays, il s'y impose dès ses débuts sur le sol américain, en novembre. A la mi-mai de ses trois ans, le poulain remporte les Sir Barton Stakes et se lance à l'assaut des Belmont Stakes, totalement oublié des parieurs. Il remporte la course sans être inquiété par le second, Medaglia Doro, qui deviendra le père de Rachel Alexandra. War Emblem termine difficilement, rétrogradant dès l'accélération du tournant. Il avait trébuché à la sortie des stalles, enfonçant presque ses naseaux dans le sable de Belmont Park.
2003 Funny Cide
Ayant la particularité d'être mono-testicule, Funny Cide s'impose de deux longueurs dans le Derby devant Empire Maker, puis s'envole dans les Preakness.
Dans les Belmont, Empire Maker, qui a volontairement fait l'impasse de la seconde épreuve, arrive frais, et remporte la course sur un sol immonde où patauge Funny Cide qui avait mené toute la course. L'alezan termine troisième, à quelques longueurs des deux premiers. Ten Most Wanted est second.
2004 Smarty Jones
Smarty Jones remporte dans son année de trois ans, consécutivement, les Count Fleet Stakes, les Southwest Stakes, les Rebel Stakes et l'Arkansas Derby. Il Arrive invaincu sur le Kentucky Derby, le premier depuis Seattle Slew.
Sur un sol détrempé, Smarty Jones remporte le Kentucky Derby de trois longueurs,
puis les Preakness avec une distance record de onze longueurs et demi.
Birdstone, qui a fini huitième du Derby, et ayant fait l'impasse des Preakness, le bat dans les Belmont Stakes devant 120 000 personnes. Smarty Jones avait mené la course, et seul dans la ligne droite, se relâchait, monté seulement aux bras. Moins éreinté, Birdstone, sous la cravache, l'attaquait pour le rejoindre et lui subtiliser la victoire dans les derniers cents mètres.
2008 Big Brown
Dans le Kentucky Derby, Big Brown devance de plusieurs longueurs la belle Eight Belles dans une course mémorablement tragique par la détresse de la pouliche qui s'effondrera quelques mètres plus tard, les antérieurs simultanément fracturés.
Invaincu, il remporte les Preakness Stakes d'encore plus loin, se permettant même de rallier le poteau en toute décontraction.
Peu avant les Belmont, le cheval s'ouvre le sabot de l'antérieur gauche, suturé, déclaré guéri pour la course, il s'élance dans la compétition malgré tout.
Le sentant mal dans la course, incapable de se montrer lui-même, son jockey l'arrête dans le parcours. Deux semaines après l'épreuve, les photographies révèlent un fer décroché de son postérieur, ayant pu avoir un impacte sur sa contre-performance.
Da' Tara, n'ayant pas une seule belle performance à son actif, s'impose en extrême outsider dans la course de 2400m.
2012 I'll Have Another
I'll Have Another tient son nom d'une discussion entre son propriétaire Mr. Reddam et son épouse. Celle-ci lui demandant s'il voulait se reservir en cookies.
Accompagné aux courses par Lava Man, triple vainqueur de l'Hollywood Gold Cup, devenu son poney, I'll Have Another remporte le Derby au terme d'une importante remontée, reléguant Dullahan à la troisième place, Bodemeister s'échouant aux portes de ses hanches. Dans les Preakness, le poulain s'impose à nouveau sur Bodemeister qui avait pris du champ. Il le remonte et le rejoint pour un nez victorieux.
Peu de temps avant les Belmont, I'll Have Another est déclaré non-partant, souffrant d'une alerte tendineuse.
Union Rags, septième du Derby, fait l'impasse dans les Preakness et remporte les Belmont.
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On le voit donc, la fraîcheur prime pour les lauréats surprises des Belmont Stakes. Or, cela concerne la plupart de la concurrence de Chromie ce soir. Ride On Curlin possédant le profile du vengeur masqué.
Étrangement, et malgré ces révélations, je me sens heureuse, et confiante.
Plus que quatre minutes...