Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

And They're Off !!

And They're Off !!

chroniques sur les courses hippiques de tous temps.


Allez France, le talent fou. Partie 1.

Publié par And They're Off sur 31 Juillet 2012, 21:36pm

Allez France, le talent fou. Partie 1.

Allez France, le talent fou. Partie 1.

La plus grande pouliche que la France ait connu au vingtième siècle aurait du être américaine. Et cela aurait été bien dommage ! Née aux États-Unis, Allez France est la fille de Sea Bird, légende du turf français d'après-guerre et de Priceless Gem, graine de championne à deux ans, lauréate de l'Aqueduct Futurity, devançant crânement d'une longueur le crack Buckpasser.
Intéressé par cette dernière, Daniel Wildenstein tenta de l’acquérir pour son élevage. Essuyant un refus, il se rabattit sur sa jeune fille, une grande yearling baie, le portrait de sa mère.

La pouliche est ramenée en France. Le rêve commence alors. Comme guidé par le destin, Monsieur Wildenstein la baptise Allez France : il nourrissait l'espoir d'entendre un jour les anglais crier d'involontaires encouragements pour sa protégé, et ce sur leur sol. L'idée est amusante. Mais Allez France ne parviendra jamais à s'imposer ailleurs que dans son pays d'adoption.
C'est en France que la pouliche montrera l'étendu de son talent.

Associée au mythique jockey Yves Saint-Martin, elle forma avec lui l'un des plus grands couple jamais connu, deux êtres qui, en course, fusionnaient, indissociables.

Impressionnante à l'entraînement, Allez France allait l'être encore plus en course. Mais la pouliche était susceptible, stressée en permanence, parfois même complétement folle. La journée, un mouton lui tenait compagnie, la calmant la plupart du temps, lui servant de souffre douleur lorsqu'elle était épris de rage. Mais son véritable amour était son cavalier. A tel point que Yves Saint-Martin se faisait charger dès qu'il entrait dans son boxe, non pas par la pouliche, mais par le bovidé qui le jalousait. Lui qui supportait toutes ses humeurs, jour après jour, était reléguer au second plan à chaque visite du jockey, malgré tout l'amour qu'il lui portait. Il avait de quoi enrager !

Allez France débute sa carrière dans le prix Tourtevoie : elle bat ses rivales de deux longueurs. Yves Saint-Martin est tout sourire.

On l'engage ensuite dans le Critérium des pouliches qu'elle remporte aisément de deux longueurs et demie.
Yves Saint-Martin n'en revenait pas. Elle avait été si rapide qu'il avait eu l'impression de voir ses concurrentes s'arrêter net.

##

Retour à l'âge de trois ans. Allez France s'annonce directement dans la poule d'essai des pouliches de l'année 1973. Yves Saint-Martin la cache au sein du peloton, tactique qu'il emploiera dans la majorité de ses combats, la déstressant au maximum. La gigantesque pouliche s'impose de deux longueurs devant Princess Arjumand et la future crack Dahlia. Inapprochable.
Elle fut tellement impressionnante que son entourage tenta dès sa course suivante d'affronter les mâles dont le vainqueur de la poule d'essai des poulains Kalamoun. C'est lui qui s'y imposera. Allez France essuie son premier échec. Méconnaissable.

Prix de Diane 1973. Allez France devance à nouveau la grande Dahlia. Elle se donne tellement que son jockey se met à craindre pour elle. En effet, la pouliche s'étendait au maximum, répétant ses foulées avec une rapidité dévastatrice, frisant la déchirure musculaire.

On lui accorde un peu de repos. Elle revient à Longchamp dans le prix de la Nonette. Course aisée pour une telle championne ! Seules trois concurrentes au départ, de simples hors-d’œuvres à priori. Seulement Allez France n'en devancera pas une seule.

On laisse la déception s'atténuer. Dans le prix Vermeille, tandis que sa rivale Dahlia est mise out, subissant une bousculade qui la blessera, Allez France profite du mouvement généré pour prendre le mors. Yves Saint-Martin la cadence tranquillement et se laisse porter jusqu'au poteau, devançant la britannique Hurry Harriet facilement.

La popularité de Allez France s'accroit de course en course. Les français se surprennent à l'aimer. Ils l'acclament, s’époumonent, victimes d'admiration chauvine : "Allez France !".
Allez France est au départ du prix de l'Arc de Triomphe. Une course pour elle.
Mais Rheingold se montre imperturbable. Plus mûr qu'elle, âgé de quatre ans, le poulain la devance de deux longueurs. Bien que le pourchassant jusqu'au poteau, elle ne diminuera jamais l'avance du mâle, mais abandonnera ses autres rivaux, Hard To Beat le premier.

Enfin on tente de faire cracher aux anglais un magnifique "Allez France" ! A deux-cent mètres de l'arrivée des Champion Stakes, la pouliche est devant, seule au monde. Le rêve de Daniel Wildenstein prend vie ; et se transforme en cauchemar. La clameur britannique est telle qu'elle surprend la jument qui oublie la course, observe, profite, et laisse passer Hurry Harriet. Elle a vécut son moment. Elle est heureuse.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents