Je le sentais accroché à ma bouche, le bougre, pendu aux guides, soulevé par mes foulées... et j'avais envie d'en découdre. Tout en moi avait envie d'y aller. Mes muscles chauds, roulant sous ma peau, me foudroyaient de pulsations nerveuses. Je n'avais pas l'espace pour allonger mes jambes, les frapper au sol, leur donner une claque, leur apprendre à respecter mon nom... et il poursuivait sa retenue, impassible face à mes appels désespérés. Je fulminais. J'avais faim. Faim d'adrénaline, soif de victoire, envie de ressentir le vent, de croquer toutes ces croupes qui ondulaient sous mon souffle puissant. Hé quoi ! Allait-il les laisser partir sans moi ? Laisse-moi y aller, laisse-moi bondir : mes muscles bouillonnent, mon cœur s'emballe, laisse-moi me détendre, laisse-moi m'étendre !
Loin devant moi pointaient avec prétention les crins alezans de ma future victime.
Je rejoignais mes challengers agités en quelques poussées. Fracassez le sol, époumonez-vous, donnez tout !, mon éclat n'en sera que plus grand.
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