Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

And They're Off !!

And They're Off !!

chroniques sur les courses hippiques de tous temps.


Un dernier sourire

Publié par And They're Off sur 17 Octobre 2015, 00:03am

Un dernier sourire

J'avais poussé la porte sans un bruit, salué par quelques doux souffles nasaux. Des yeux inconnus, des chanfreins qui n'étaient encore jamais passés sous la caresse de mes mains, ces jeunes pur-sang de demain. Je n'avais pas la force de leur rendre cet accueil, je n'avais plus la force de rien.
Dans la pénombre de l'écurie de Gouvieux, sous les étoiles radieuses et insolentes, cette étendue noire aux milliers de nouvelles âmes luminescentes, mes amis, je traversais la cour d'un pas de centenaire, les jambes aussi lourdes que mon cœur.
« Tu comprends », m'avait-on dit, « La Guerre, elle nous a vraiment tout pris. »

Tout, prenez tout, mais ne le prenez pas lui...

J'avançais, doucement, le regard rivé vers le dernier box de la paroi gauche de l'écurie. Je tentais de siffler entre mes doigts, ce léger son, cet unique signal qui n'appartenait qu'à nous. Mes doigts glacés affrontèrent mes deux seules fidèles dents restées à mes côtés. Et ma lèvre inférieure, disparue sous mes phalanges, réveillait soudainement une effroyable douleur. Les notes inaudibles de notre langage ne résonnaient plus que dans mes souvenirs. Il aurait dû entendre mon pas... Il aurait levé la tête, pointé ses naseaux bouillants, hennit de joie, s'il avait été là.

Arrêté face à la réalité, je ne parvenais plus à avancer.

« Salauds d'Allemands ! » Avais-je envie de crier. Encore aurait-il fallu qu'ils m'en laissent la faculté. À la place, je n'entendis que le dernier râle d'un mort. Un frisson m'envahit. Voilà tout ce que je suis. Un monstre vivant. Face à son absence, je ne serai plus qu'un mort, dorénavant.
« Salauds d'Allemands » me répétais-je sans cesse tandis que mes doigts tremblants soulevaient le loquet de la porte en bois. Je pénétrais dans la couche paillée, m'allongeant là où je l'avais trouvé ce dernier matin de bonheur. Je ressentais encore son infinie chaleur. La douceur de sa peau, la caresse de son poil, son regard qui transperçait mon âme, cet ami qui m'avait tant appris. Mon dieu ce que j'aurais voulu mourir avec lui.

... Pour lire la suite de la chronique, rendez-vous dans le magazine HippiK n°67 !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents