L’œil vif, les oreilles pointées et attentives, il n'était pas peu fier, au lendemain de son succès. On entendait le mors grincer sous ses gencives baveuses. Et le vent, inexistant, qui trahissait une matinée ensoleillée. Planté sur ses quatre jambes, absorbé par ce spectacle inconnu qui s'agitait hors champ, il présentait au photographe son corps athlétique de vainqueur de Grand Steeple-Chase, et malgré les louanges, ne pouvait cacher ses défauts. Il avait une avant-main puissante, et une épaule hors norme. La fusion de l'encolure était si importante qu'elle surpassait toute tentative de câlin les mains liées. Les membres épais soutenaient un corps habitué à l'effort. Son dos ne supportait pas le moindre arrondi, et c'est par une ligne droite que l'on passait d'un garrot robuste à une croupe musculeuse. Plutôt haut sur jambe, il avait les crins de la queue coupés droits juste au dessus des jarrets. Et son toupet, placé délicatement entre deux billes étincelantes, faisait disparaître ce qui le rendait si beau : une pelote ronde. Une boule de neige, sur le poteau un jour d'été.
Jeune bai brun de quatre ans, il était issu de l'élevage du Comte de Saint-Phalle pour qui il courut quelques fois. Fils de l'excellent Little Duck qui avait été battu dans l'édition 1884 de la Poule d'Essai des Poulains par Archiduc ; fils du revanchard Little Duck qui avait surpassé son rival dans le Prix du Jockey-Club ; fils du superbe Little Duck qui avait enchaîné sur le Prix Jean Prat et le Grand Prix de Paris. Fils de Cromatella, précoce lauréate du Morny et du Critérium. Frère, d'un côté, du remarquable Chéri, vainqueur de la Poule et du Grand Prix... Il avait tenté sa chance, jadis, dans les préparatoires de ces mêmes Prix, mais le buffle était trop lourd, et les Champions trop rapides.
Les premières traces indélébiles de son passage, je les trouvais dans le Prix Juigné du début avril 1904. Il s'y plaçait troisième sans lutter.
... Pour lire la suite et découvrir la carrière de Canard, vainqueur du Grand Steeple-Chase de Paris en 1905, c'est dans le n°47 de Hippik - Panoramic :
Bonne lecture ! =D

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