La Dubaï World Cup ne sera jamais le Prix de l'Arc de Triomphe de la surface sablonneuse. Une allocation double, pour une aura inexistante. On ne pointe jamais du doigt un cheval vainqueur à Meydan comme on parlerait d'une envolée à Ascot, ou d'un sacre à Longchamp. Quel palmarès pourtant. Quel vide. African Story, blague de l'année 2014. On savoure les rares apparitions de nos champions, mais on aime les confrontations. Formé dans nos groupes par André Fabre, African avait de la qualité. Il est depuis devenu un joyau, une exclusivité. Une parure, qu'on ne sort que pour les grandes occasions. Un rubis que l'on montre deux minutes et que l'on barricade aussitôt dans la maison. Un pur-sang élégant, talentueux... mais absent. Va t-il disparaître de nouveau, à la seconde ? Et si California Chrome arrachait d'un revers ses dorures éphémères ? J'aurais voulu le voir tout au long de l'année, affronter, se frotter, abdiquer, et prouver. Le champion a un public. Ses victoires doivent être belles, attendues et espérées. Qu'il soit réservé à la seule World Cup me désole. Quelle belle vie cependant ! Sur le pied de guerre deux mois, pour une année de vacances... on pourrait rêver d'être un cheval !
La Dubaï World Cup a été lancée le 27 mars 1996. Cigar a inauguré le tout premier poteau sacré. En un souffle épais, il écrasait sa fougue et rependait des cendres brûlantes de supériorité. Ce jour-là, il était le maître du monde. Cigar, le grand Cigar, qui nous quittait en octobre. J'aurai dû lui rendre hommage beaucoup plus tôt, mais son décès s'intercalait entre mes cris de bonheur. Le doublé de Trêve et son inoubliable saveur !
Né à Country Live Farm dans le Maryland, chez Monsieur Allen E. Paulson, Cigar résultait de la coucherie assumée entre le bien connu Palace Malice et la sombre Solar Slew. Long sur pattes, le popotin bien formé, le corps plutôt rassemblé, il présentait déjà un minois attendrissant et une liste blanche intéressante. Un clef, prête à tout crocheter. Et une serrure, qui tarda à arriver.
Envoyé courir chez Alex Hassinger, Cigar entamait sa carrière le 21 février 1993 à Santa Anita. Âgé de trois ans sur les papiers, de deux mois plus jeune en vérité, le poulain bai faisait connaissance avec le dirt, le peloton, et l'individualité acharnée. Seulement septième de l'épreuve Sprint, anonyme et invisible, il était encore bien loin d'un titre de Légende.
Conservé au sein de l'écurie encore quelques semaines, Cigar tentait de nouveau sa chance la deuxième semaine de mai, et se déplaçait à Hollywood park. Sur la piste mythique, il offrait ses premières foulées légères, et s'imposait sur le court tracé. Carrière lancée ?
Carrière compliquée.
... La suite de sa grande carrière est à découvrir dans le HippiK n°40 ! Reprenez la lecture au 2nd paragraphe de la colonne 2 ;)

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