Un meeting de Royal Ascot, ça ne peut vous être indifférent.Vous pouvez y aimer la mode, y adorer l'ambiance, le champagne... Il vous est impossible de passer outre. La reine vous arrache l'argent par la couleur feutrée de son chapeau du jour, et son sourire ravive l'éclat d'un pays consacré depuis toujours à la festivité du Pur-sang.
Si les accoutrements virils, les hauts-de-forme, les robes colorées, parfois décolletées, et les couvre-chefs fleuris vous laissent sans sentiments, il vous suffit de détourner la tête vers l'étendue verte, où le Pur-sang déterminé vous arrachera à vos ressentiments, et par ses foulées folles, vous plongera dans le rêve ambiant.
Rendez-vous des hommes et des femmes, il est d'autant plus celui du Pur-sang. Sublimé sous la coupe de l'été, le cheval de haut niveau se révèle, confirme, ou saisit la place qui est sienne, jusqu'aux prochains combats.
On y expose ses espoirs juvéniles, et ses rêves de suprématie.
Pour le prestige. Pour l'argent. Et surtout pour nos yeux.
De ce meeting de Royal Ascot, je ne retiens que la passion. Et une folle impression.
Celle de Kingman, artificier de folie, auteur d'une représentation haute en couleurs, soulevant les cœurs, jusqu'à ébullition.
Le poulain bai concourait dans les St James's Palace Stakes, dans le sillage indélébile de son compagnon de couleurs Frankel, l'indescriptible soubresaut de la race. La comparaison entre ces deux chevaux est hasardeuse, mais naturelle. Je me rappelle les pouliches de l'Aga Khan, dans les dures années de l'ère post-Zarkava. Il suffisait de porter la casaque, et d'avoir un bout-vite, pour se voir désigné pour le couronnement. Et puis, les unes après les autres, bien que de valeur, elles s'effacèrent, se retirant de l'ombre oppressante de la prodige pour se frayer leur propre chemin. Et la folie, doucement, nous abandonna.
Mais voilà, l'histoire se répète. Avec seulement une année de répit, la casaque Abdullah se remet en selle, pour le meilleur. Kingman ne sera jamais Frankel. Mais Kingman est un roi. Fils du sprinter Invincible Spirit et de la lauréate des Oaks françaises Zenda, elle-même issue de Zamindar, le mile coule dans ses veines, la vitesse aussi.
... La suite de la chronique est disponible à la page 20 dans le magazine HippiK n°2
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