Trêve, qui es-tu Trêve ?
N'es-tu faite que de chair, d'os et de puissance ?
Impossible. Tu es si particulière, constituée de molécules de rêve. Qui es-tu Trêve ?
Telle une fée perchée sur le berceau centenaire d'une famille au destin inébranlable, tu réalises les vœux inavoués, inespérés même d'une jeune femme impavide à l'expérience précieuse et à l'ambition des plus tenaces.
Tes longues foulées s'enroulent en un torrent de jouvence. Ton souffle s'échappe en un cyclone à la déferlante calculée. Mais qui es-tu Trêve ?
Serais-tu ce mythe que l'on n'attendait plus ? Chimère contemporaine. Qu'avons-nous vu que nos yeux aveuglés ne savent transposer dans le réel ? Par quel pouvoir as-tu fait élever l'unanimité des cœurs, par quel sortilège nous as-tu rendu si pantois ? Ne nous laisse pas dans cet état ! C'est si cruel et si jouissif à la fois, caractères même d'une vie en bonne et due forme. Serais-tu la vie, Trêve ? Aurais-tu cette aptitude à générer plus de bonheur que le monde dans son énormité puisse apporter ? Je te regarde incessamment, te déchiffre inlassablement. Je suis sous ta gouverne, je ne me débattrais pas. Les liens m’enlacent tels les bras maternels. Je me sens si bien, plongée dans ton regard à l'assurance suprême. Qui es-tu Trêve, pour me rendre si blême ?
Je titube, pâle et désarçonnée. C'est que ton envolée, Trêve, je n'aurais même pas osé en rêver. Plus puissante que les caprices du ciel, plus saisissante qu'un coup de foudre, plus envoutante que les tourments de l'amour.
Je le sais, tu n'es pas ici pour moi. Mais les ondes se répercutent jusqu'à ma personne, tant tu es généreuse.
Je t'assimile tel un messie, être providentiel à la mission plus qu'honorable et légitime. Tu as vu le jour, non pas pour ponctuer un règne déjà si évident. Tu as vu le jour pour que de nouveau ta famille voit le jour, tel qu'il devrait lui être au quotidien.
Parce que de décennies en décennies, ce n'est pas la reconnaissance des hommes qui l'ont élevée si haut dans nos cœurs, mais bien celle des chevaux.
Parce que tu galopes loin de l'influence de ce monde, loin de toute perversion, loin de toute luxure.
Parce que tu galopes pour le bonheur de ceux qui te sont tiens.
Merci Trêve.